Bafouille à un pair sans davantage de glandes mammaires


Cet article, écrit en français (ci-dessous) a été publié dans le bulletin international de la World Alliance for Breastfeeding Action, en espagnol et en anglais, avant le français, l’arabe et le portugais. Il a été traduit par Herrade Hemmerdinger, de la Leche League Montpellier, en anglais puis en espagnol. Merci à elle.


Bafouille à un pair sans davantage de glandes mammaires

Toi aussi tu t’es tapé, enthousiaste, Devenir père pour les brêles pour essayer de comprendre comment le miracle de la vie allait s’ins(g?)érer dans la tienne ;

Tu t’es persuadé que la préparation à l’accouchement était vraiment adaptée et tu avais amoureusement préparé le tapis de yoga et les boules de massage ;

Tu t’es rongé les ongles en cachette, nuit et jour, quant à ton futur rôle pendant qu’elle se défonçait aux endorphines ;

Et à force de tirer des plans sur elle, la voilà ta comète. Ta progéniture te regarde pour la première fois et, derrière leurs cernes, tes yeux se mouillent. Bravo, tu as reproduit tes gènes comme tous tes ancêtres depuis 4 milliards d’années. Que cela ne t’empêche pas d’être le plus heureux et de profiter du sentiment d’être le premier à passer par là ! Savoure l’instant, tu es papa.

Deuxième changement de situation, trivial mais définitif, ton amoureuse est désormais également mère, sa mère. Si elle allaite, c’est donc non seulement le casse-croûte alimentaire mais aussi émotionnel de ton enfant. Et tes seins, même glabres, ne vaudront jamais le galbe des siens.

Bref, tu es un peu désamparé et dans tes nuits, hachées menu, tu rêves d’avoir, toi aussi, une poitrine pétant de lait. Tu te dis qu’avec de tels atours ton mioche serait collé à toi comme à sa mère. Rassurre toi, la vie est belle comme ça, ne change rien. Je sais que tu connais les bénéfices que l’allaitement a pour le kid. C’est bien pour ça que je veux te parler des avantages de l’allaitement pour toi, oui, oui pour toi !

Le premier avantage, soyons honnêtes, est que tu vas mieux et plus dormir qu’un père qui donne le biberon. Dans ta vie passée, tu auras déjà remarqué, sans doute à ton grand désespoir, que les seins de ta compagne étaient peu délocalisables. À moins que ton amoureuse soit une égalitariste intégriste, elle ne devrait pas te demander de te réveiller toi aussi, sur l’autel de la compassion et du partage.

Le deuxième avantage est une généralisation du premier : un sein, et a fortiori deux, c’est la liberté de ne pas penser au biberon et à tout l’attirail associé. Bonne nouvelle : tu vas pouvoir aller crapahuter avec femme et enfant dans la garrigue ou rester coincé sur le périphérique intérieur sans ajouter au stress des cigales et des klaxons l’alimentation de ton bambino. Et si tu aimes les circuits courts, on fait difficilement plus local !

Le troisième avantage pour toi est double : sa poitrine. Elle sera arrogante plus longtemps. Bien sûr, tu ne pourras sans doute pas jouer avec autant qu’avant, mais cela sera en partie compensé par le fait qu’elle sera presque tout le temps à portée de vue ! Qui eût cru que l’on puisse publier un tel brûlot dans le sein des sein de la Leche League ?

Mais toi, papa aimant, ne vas-tu pas te sentir frustré de “ne pas pouvoir alimenter ton enfant”, de “ne pas pouvoir contribuer plus” ? Si tu ne t’es jamais posé ces questions, on risque de le faire pour toi.

Première objection votre honneur, la chaîne trophique au sein du foyer : que mange ton petit cannibale ? Sa mère. Et que mange sa mère ? Entres autres, ce que tu lui cuisines. Et si tu ne cuisines pas c’est le moment de t’y mettre. Après souvent des mois de privations alimentaires parce que ceci ou cela, ou bien de monomanie(s) douteuse(s), c’est le retour de la vraie bouffe et le moment de faire péter le foie gras, les sushis, ou le chat du voisin qui, d’un coup de griffe d’un seul, vous a fait flipper pour la toxoplasmose !

Deuxième objection : le temps viendra, très vite, où l’enfant va vouloir manger ce qu’il y a dans les belles assiettes que tu prépares. Et si tu veux le nourrir à ce moment là, et ceux d’après, je ne pense pas que sa mère soit contre l’idée d’un petit répit après 5-6 mois non-stop. Te voilà père nourricier !

Troisième objection, non-alimentaire : si tu veux contribuer à la lubrification des rouages de ton ménage - que dis-je de ta famille - tu découvriras vite d’autres postes où (continuer d’)exprimer ton talent : lessive, ménage, courses, paperasse, etc. Ainsi que d’autres occupations nouvelles qui feront les doux souvenirs de tes vieux jours : le jeu, le bain, le change, l’habillage et j’en passe. Tu pourras aussi te remettre au sport à l’occasion des ballades d’endormissement, (re)découvrir ta spiritualité en priant pour qu’il/elle s’endorme et les vertus psychotropes d’une berceuse plus de cent fois répétée.

Voilà, pourquoi et comment ne pas être jaloux de ses avantages, compagnon de route. Tu vas voir comme elle est belle.

Marcel Pagnol, Immortel s’il en est, nous l’avait déjà écrit:

Marius : Mais enfin, tu sais bien que l’enfant est mon fils.

César : Bien sûr que je le sais. Il te ressemble comme deux gouttes d’eau. Mais quand même, lui c’est un peu son père (en parlant de Panisse)… Cet enfant, quand il est né il pesait 4 kilos… Ceux-là, c’est sa mère qui les a faits. Maintenant il arrive à 7… Ces trois kilos de plus, c’est trois kilos d’amour… Et l’amour, Marius, ça ne pèse pas lourd. Moi, j’en ai donné ma petite part… Sa mère en a donné beaucoup, naturellement ; mais celui qui a donné le plus, c’est Honoré. Et toi, qu’est-ce que tu lui a donné ?

Marius : La vie.

César : Les chiens aussi donnent la vie : pourtant, ce ne sont pas des pères.

Fanny - Acte III scène 4


Mumbling of a Father Not Endowed with Mammary Glands

Young father,

Did you also enthusiastically read Fatherhood for the Dummies? to try and figure out how the miracle of life was going to interfere in yours?

You convinced yourself that the childbirth classes you both attended were really suited to your needs. You had even lovingly prepared a yoga mat and massage balls.

You secretly bit your nails day and night, thinking about your future role as a dad, while the mother of your child was high on endorphins.

You couldn’t stop counting your chickens before they hatched, but now is the real thing. Your offspring is looking at you for the first time and your eyes are starting to water.

Congrats, you have reproduced your genes like all your ancestors for the last four billion years! This, however, shouldn’t stop you from being the happiest man on earth, or from revelling in the thrill of being the very first one to go through this!

Savour the moment, you’re a dad! Second major change, trivial though definite, your sweetheart is a mother from now on, his mother. If she’s breastfeeding, she has become your kid’s emotional source of nurturing, as well as food. Don’t even think about giving him your nipples, however hairless, they’ll never ever compare with the round curves of her breasts.

In a nutshell, you’re at a loss, and in the middle of your broken night’s sleep, you wish you too, had breasts bursting with milk. You tell yourself that with such attire, your baby would never let go of you, just like he does with his mother. Be assured that life is beautiful, just like it is. I know you know all about the benefits of breastfeeding for your child. That’s exactly the reason why I want to tell you about all the benefits in store for you. Yes, you! That’s right, the benefits for you!

The first advantage, let’s be honest, over a dad giving a bottle, is that you will sleep more and better. In your past life, you may have noticed, much to your despair, that her breasts were not easily outsourced. Unless the love of your life is an egalitarian feminist, she probably won’t ask you to wake up too, on the altar of compassion and sharing.

The second advantage is a generalization of the first: with a breast, all the more with two, you have the freedom of not thinking about a baby bottle and the associated paraphernalia. The good news is: you’re going to be able to traipse around with your wife and kid in the scrubland or stay inside the city ring without having to add to the stress of the cicadas song and car horns, that of the food for your little one. And if you’re experiencing food shortage you can’t do any better than to breastfeed!  The third advantage for you is a double one: her bosom. Of course you won’t be able to play with her bosom as much as you used to, but this will be compensated by the fact that you will be able to look at her breasts almost all the time! Who would have thought that a person could publish such a daring article in a Breastfeeding Mother Support Newsletter?

But you, a loving father, won’t you feel frustrated not to be able to feed your child, not being able to contribute more? If you’ve never wondered about such questions, one might well do it on your behalf.

First objection: what about the food chain inside your home? What does your little cannibal eat? His mother. And what does his mother eat? Among other things, what you cook for her. And if you don’t cook, well it’s about time you started. After months of food deprivation for one reason or another, real food is back! The perfect time to enjoy pâté, sushi, or even the neighbour’s cat, which scared the hell out of you in a single scratch with potential toxoplasmosis!

Second objection: the time will come, very quickly, when your little one will want to eat the food you cooked off the beautiful plates you own. And if you want to feed him then and any time after that, I don’t think his mother will object, in spite of a 5 to 6–month break. You’ve become a nurturing father!

Third objection: nothing to do with food this time. if you want to contribute to make things go smoothly with your family, you will soon discover other places where to express or continue to express your talent: laundry, cleaning up, shopping, paperwork and so on and so forth. There are also new activities that will make sweet memories in your old age: playing, bathing, changing, getting your baby dressed and so many others things. You will also be able to exercise again, thanks to the strolls you’ll be taking to get your little one to fall asleep, (re)discover your spirituality, praying that he will fall asleep. You’ll also discover the psychotropic virtues of a lullaby you have repeated a hundred times.

There you go! This is why and how NOT to be jealous of these advantages, comrade. You will see how beautiful your wife is.

Marcel Pagnol, a cherished member of the Académie Française, had already written about this:

Marius: But you do know that child is my son… Don’t you?

César: Of course I do. You’re as alike as two drops of water. But, even so, he’s a little bit like his father (talking about Panisse). This child, when he was born, weighed four kilos. That was thanks to his mother. But now, he weighs seven kilos and that’s three kilos of love. And love doesn’t weigh much, Marius. I’ve contributed my little amount. His mother’s given him a lot, naturally. But the one who has given him the most love is Honoré. And what about you? What would you say you’ve given him?

Marius: His life! César: Dogs can do that too, but it doesn’t make them daddies.

Fanny – Act Three, scene 4.


Murmullos de un Padre Sin Glándulas Mamarias

Padre nuevo,

Tu también leíste con entusiasmo Paternidad para Tonto para averiguar cómo el milagro de la vida iba a cambiar tu vida?

Tu y yo estábamos convencidos de que las clases de parto eran justo lo que ocupábamos.

Incluso habíamos preparado con amor la colchoneta de yoga y los aparatos para masaje.

En secreto, nos mordimos las uñas pensando en nuestro futuro papel como papás, mientras la madre de nuestro/a hijo/a estaba en el pico de endorfinas.

No pudiste dejar de contar los pollitos antes de que rompieran el cascarón, pero ahora todo es real. Tu hijo/a te está mirando por primera vez y tus ojos se llenan de lágrimas.

Felicidades, ¡se han reproducido tus genes al igual como lo hicieron los de todos nuestros/as antepasados/as durante los últimos cuatro mil millones de años! Sin embargo, nada te detiene y sientes que eres el hombre más feliz de la tierra, disfrutando la emoción, ¡como si fueras el primer ser humano que pasa por esto! Saborea el momento, ¡eres papá!

Segundo cambio importante, nuestro amor es a partir de ahora, la madre de tu hijo/a. Si está amamantando, además se ha convertido en la fuente emocional de su crianza y alimentación. Nies pienses en darle tus pezones, porque aún sin pelos nunca se comparan con las curvas redondeadas de los pechos de ella.

En pocas palabras, en el medio de la noche y tu sueño roto, ¡desearías tener pechos llenos de leche! Piensas que con esos pechos tu bebé nunca podría irse de tu lado, al igual que hace con su madre. Pero puedes estar seguro de que la vida es hermosa. Yo se que sabes todo acerca de los beneficios de la lactancia materna para tu hijo/a. Esta es exactamente la razón por la que quiero contarte sobre todos los beneficios que también hay para ti. ¡Sí, para ti! Así es, beneficios para ti también!

Seamos honestos; la primera ventaja sobre un padre que da biberón, es que vas a dormir más y mejor. Antes, quizá lo notaste, algunas veces con desesperación, sus pechos no estaban siempre disponibles. A menos que el amor de tu vida sea una feminista extrema, muy probablemente ella no te pedirá que despiertes cada vez en el altar de la compasión y el compartir.

La segunda ventaja es una generalización de la primera: con un pecho, aún más con dos, tu tienes la libertad de no pensar en biberones y la parafernalia asociada. La buena noticia es: vas a ser capaz de quedarte con tu esposa e hijo/a y no vas a tener que salir corriendo a comprar fórmulas añadiendo los pitidos de los automóviles a tu tensión, como si fueran cantos de cigarras. Si no hay comida, no importa, ¡nada mejor que dar el pecho!

La tercera ventaja es doble: su seno. Por supuesto no podrás jugar con su pecho tanto como acostumbrabas, pero esto será compensado por el hecho de que, ¡serás capaz de mirar a sus pechos casi todo el tiempo! ¿Quién habría pensado que alguien podría publicar esta verdad tan atrevida en un Boletín de Apoyo a las Madres?

Pero tu, como padre amoroso, ¿no te sientes frustrado por no poder alimentar a tu hijo/a y ser capaz de contribuir más? Si nunca te has hecho estas preguntas, vale la pena que yo lo haga en tu nombre. Primera reflexión: ¿qué pasa con la cadena alimentaria en tu casa? ¿Qué come tu pequeño caníbal? A su madre. Y, ¿qué come ella? Entre otras cosas, lo que cocines para ella. Y si no cocinas, bueno, ya es hora de que empieces. Después de meses de privaciones por una razón o por otra, ¡la comida verdadera regresa! Es momento perfecto para disfrutar de paté, sushi, o incluso del gato del vecino que te asusta con un solo rasguño ¡con toxoplasmosis potencial!

Segunda reflexión: el tiempo vendrá, muy rápidamente, cuando tu pequeño/a quiera comer la comida que cocinas sobre tus fantásticos platos. Y si quieres darle de comer entonces, y en cualquier momento después de eso, no creo que su madre se oponga luego de un periodo de 5 a 6 meses. ¡Te convertirás entonces en el padre que alimenta a su hijo/a, en un padre de crianza!

Tercera reflexión: nada que ver con la comida esta vez. Si quieres contribuir a lograr que las cosas salgan bien con tu familia, muy pronto descubrirás otras formas de expresar o continuar expresando tu talento: con la lavandería, la limpieza, las compras, el papeleo, y así sucesivamente y sucesivamente… También hay nuevas actividades que dejarán dulces recuerdos en la vejez: jugar, bañarle, cambiarle el pañal, conseguir vestirle, y tantas otras cosas. También harás ejercicio de nuevo, gracias a los paseos que le darás en su coche para ayudarle a conciliar el sueño, y (re) descubrirás tu espiritualidad cada vez que ruegues para que se duerma. Y vas a descubrir las virtudes sicotrópicas de las canciones de cuna, una vez que las hayas repetido cientos de veces.

Así que, ¡adelante! No estés celoso, disfruta estas ventajas, compadre. Verás cuán hermosa es tu esposa.

Marcel Pagnol, es un miembro querido de la Academia Francesa que ya había escrito sobre esto:

Marius: Pero, ¿no sabías que este niño es mi hijo…?

César: Por supuesto que sí. Ustedes se parecen como dos gotas de agua. Pero, aun así, es un poco como su padre (hablando de Panisse). Este niño, cuando nació, pesó cuatro kilos. Eso fue gracias a su madre. Pero ahora, pesa siete kilos y estos son tres kilos de amor. Y el amor no pesa mucho, Marius. Yo he contribuido bastante. Su madre le ha dado mucho, naturalmente. Pero el que le ha dado más amor es Honoré. ¿Y tú? ¿Qué le has dado?

Marius: ¡La vida!

César: Los perros pueden hacer eso también, pero eso no los hace papás.

Fanny – Acto tercero, escena 4

Vincent Bonhomme

Vincent Bonhomme

The opposite of play is not work, it's depression


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