Vulgariser : pour ou contre ? Six chapeaux à Toulouse


Retour d’expérience sur le jeu des six chapeaux, appliqué en formation à la médiation scientifique pour la Novela 2013.

On m’avait convié pour assurer une grosse demi-journée sur les “Enjeux de la vulgarisation” qui peut plus ou moins se traduire par “Pourquoi vulgariser ?”.

Vaste programme, d’autant qu’en la matière chacun a ses motivations. Alors un 6 hats était une bonne entrée en la matière. Cela s’est déroulé, de bonne heure, sans café, dans la mignonne bibliothèque universitaire de Paul Sabatier à Toulouse et je remercie les participants de s’être prêtés au jeu.

Quelques prémisses en vrac

Le résultat

En plus de créer une atmosphère propice, cela a plutôt bien fonctionné. Pour le souvenir, une photo de la mind map.

Vulgariser: pour ou contre ?. Avec quelques retouches issues de mes notes, en modifiant quelques liens pour gagner en clarté et retranscrit en _mind-map _, cela donne :

Vulgariser: pour ou contre ?

Quelques remarques générales

Analyse rapide, branche par branche

L’ordre dans lequel chaque branche a été développée, correspond au chiffre entre parenthèse dans les images ci-dessus et à l’ordre des intertitres ci-dessous.

(1) “Vulgariser” : ce mot en lui-même est péjoratif.

Très belle tentative du pragmatique, d’autant plus belle que non-intentionnelle, qui essaie de foutre le bordel dans la formation en me regardant droit dans les yeux et me disant : “non mais le titre est mal choisi là ; vulgariser pour moi c’est péjoratif”. Alors, je lui ai fait à l’envers et cela a fourni la première branche.

Sur la question du mot “vulgarisation”, comme nous l’avons souvent constaté chez Plume!, ce terme bloque d’emblée pas mal de personnes, comme développé sur la branche (1). Ce n’est pas tellement la faute de la vulgarisation scientifique, que celle de l’usage du mot “vulgaire”, dérivé du latin _vulgaris_, devenu péjoratif au cours du temps alors qu’il désignait plutôt l’idée de quelque chose de commun. D’où le nom “vulgaire”, par opposition au nom “scientifique” de la nomenclature binomiale ; d’où aussi l’idée belle et noble de rendre la science commune. Pour le dire rapidement, “vulgarisation” n’est pas idéal. Pour le dire à-la-Plume!, nous avions abouti un jour à l’idée, probablement après quelques heures/verres, qu’il fallait :

  1. laisser ce débat à ceux que ça excitait ;
  2. utiliser “couscous” ou n’importe quoi d’autre à la place ;
  3. et, ce faisant utiliser le temps libéré pour précisément faire plus de diffusion de la connaissance (ou de couscous). Ou alors, comme proposé à Toulouse, de “vulgariser vulgarisation”, au sens populariser, voire imposer l’usage.

(2) Pour, à condition que le fond soit plus important que la forme.

Après cette mise en bouche, la discussion est partie sur l’aspect “forme vs. fond” qui dérive assez naturellement vers le sensationnalisme (“A mort le sensationnalisme”), les titres survendeurs, la tension entre le buzz futile et facile et la connaissance bien amenée (donc plus longue).

(3) Il faudrait déjà former les chercheurs à la vulgarisation.

Chouette on parle de former les chercheurs à la vulgarisation ! On retrouve les deux aspects de cette plutôt bonne idée : vulgariser, pour un chercheur, c’est bon pour la société ET pour la recherche.

Côté recherche, nous sommes retombés sur les arguments de : permettre plus de pluridisciplinarité (“ça permettrait aux chercheurs de se comprendre entre eux”); transformer les séminaires de labo en échange plutôt qu’en démonstrations techniques ronflantes (je noircis un peu le trait) ; et apprendre à communiquer les résultats de la science, en direction des scientifiques (“puis ça nous apprendrait à communiquer”).

Ce dernier point, qui revient, alors que l’on parle de vulgarisation scientifique met en lumière la tension qu’il existe entre science communication et _scientific communication _comme j’en ai tchatché au CNRS en octobre dernier.

Et comme nous aurons l’occasion d’y revenir dans d’autres billets.

Vincent Bonhomme

Vincent Bonhomme

The opposite of play is not work, it's depression


rss facebook stack overflow twitter github youtube mail spotify instagram linkedin