Vulgariser : pour ou contre ? Six chapeaux à Montpellier


Retour d’expérience sur le jeu des six chapeaux, appliqué en formation à la vugarisation scientifique.

Comme la dernière fois à Toulouse, la question à 1000 francs était : “Vulgariser : pour ou contre ?”.

Cette question n’a qu’une utilité : représenter les images de 17 doctorants. Ah, et au passage briser la glace et lancer les trois journées ensemble dont l’objectif est que chacun écrive un article.

Toujours comme la dernière fois, un public très hétérogène en années de thèse et en sujet (marketing, écologie, santé, géologie, informatique, électronique, etc.).

Et les six chapeaux qui servent surtout à externaliser dans l’un des chapeaux, la timidité de la première prise de parole au sein du groupe. Les 6 chapeaux, pour ça aussi, fonctionnent remarquablement bien. Assez thatché, voyons la mind-map.

Vulgariser : pour ou contre ?

Petite analyse

Nous allons en faire une petite analyse et comparer rapidement avec celle de Toulouse. A ce propos, j’ai bon espoir, un jour et à terme, de faire une analyse globale un peu moins qualitative (je ne dis pas que c’est un gros mot). Les branches sont numérotés, peu ou prou, dans l’ordre où nous les avons développées. Tant qu’à faire, nous allons aussi les commenter dans cet ordre.

(1) La transmission est fondamentale

Deux propositions qui jaillissent d’emblée. Vulgariser est fondamental (wahou) pour “passer le relais” et “pour rendre accès à l’information”.

Le premier n’a pas excité les foules. C’est vrai que l’argument de “vulgariser pour redonner goût aux carrières scientifiques”, c’est non seulement infondé mais aussi sexy que … non c’est pas sexy du tout en fait.

Notons le “rendre” accès à l’information, là où l’on entend plutôt “donner” accès à l’information. Pour une formation où l’on a beaucoup parlé des verbes, celui-ci est très fort. Bien plus fort que “redonner”.

Chic, un groupe de rebelles qui parle de droit à l’information comme d’“un droit individuel” ! Un des aspects clés de la vulgarisation est de “développer l’esprit critique” et son corollaire, “repérer la désinformation”.

Comme à Toulouse on reparle de l’école : apprendre à trier l’information, “N’est-ce pas le rôle de l’éducation ?”. Mais on insistera surtout pendant ces six chapeaux sur les collusions entre science et pseudo-sciences.

C’est peut-être un effet de mémoire du paperboard, puisque les feuilles précédant celles que nous remplissions ont été noircies par les excellents Cortecs.

Tout y passe : “testé scientifiquement”, les “usurpateurs”, les “frères Bogdanov” (il y avait longtemps…), “notoriété versus légitimité”, les “$$$ et la pseudo-science” sur une autre branche, etc. Finalement, toujours à propos de l’aspect “fondamental” de transmettre la science, celui “garder le contrôle sur l’information que les scientifiques communiquent”.

(2) Un vulgarisateur n’est pas un marketeur

Par effet de bord, cette longue discussion sur les collusions a entraîné avec elle toutes les autres branches qui ont suivi.

Notamment la présente : “Le vulgarisateur n’est pas un marketeur”. Un rabat-joie a proposé d’“éviter la collusion entre $$$ et pseudo-sciences” et une optimiste (en marketing) a balancé au passage “vulgarisons le marketing”.

Non, le marketing n’est (uniquement) pas l’image qu’on s’en fait (ah !).

(3) Vulgariser c’est dévalorisant

Tiens, on retrouve dans les mêmes termes “dévalorisant”, le fait de vulgariser. D’accord, c’est un chapeau pas-content qui dit ça. Et puis avec 100% et N=2, c’est pas encore du testé scientifiquement. Proposition rapidement bâchée par la meute :”Non, faire comprendre c’est aussi valoriser”.

(4) Comment être contre communiquer ?

Ah, enfin on me dit que la question de départ est débile. Enfin, peut-être pas tant que ça parce qu’on glisse naturellement entre “vulgariser” et “communiquer”. Quasi Amen.

Le grand jeu : “Communiquer ça s’apprend” ; les questions existentielles : “Qu’est-ce que la science ?”, “Quels sont les buts de la recherche ?” ; l’envie d’exister : “Pour faire entendre sa voix”, “Nous, scientifiques, nous existons !” ; de donner aux autres : “Parce que nous sommes altruistes”, tout y passe !

(5) La vulgarisabilité est fonction du sujet

Ben oui, il y a des modélisateurs dans la Salle des Actes. Proposition : Vulgarisabilité = f(Sujet). Alors s’il y a bien une discussion qui permet de foutre le bordel entre des gens très différents qui d’une façon ou d’une autre diffusent la culture scientifique c’est bien celle-là.

“Tous les sujets peuvent-ils être vulgarisés ?”. Vous avez quatre heures. Espérons qu’il y ait aussi des bières et des tartines !

Je pense que la réponse “Oui, mais certains plus facilement que d’autres” mettrait tout le monde d’accord. Et d’ailleurs c’est ce qu’il surgit dans la salle : “Rien n’existe qui ne soit pas “vendeur” / utile pour le receveur.

Voilà, une transition pour, plus tard, parler d’angle.

(6) Pour ses vertus émancipatrices

Enfin, et comme à Toulouse, le côté “humaniste” de la vulgarisation arrive sur la fin, comme une cerise sur un gâteau à la crème ? Ou comme une préoccupation secondaire ?

Après un “à bas le capital et refondons l’école”, et plusieurs propostions qui rejoingnent les préoccupations existentielles que l’on vient de voir, nous finissons sur le “politiquement correct” dans l’information. Et l’on parle de Galilée. Pas politiquement correct du tout, et pourtant, c’est lui qui avait raison. Contre tous ou presque.

Hâte d’avoir une dizaine de mind-maps, pour tenter la méta-mind-map !

Vincent Bonhomme

Vincent Bonhomme

The opposite of play is not work, it's depression


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