Intelligence collective et brise-glace = le jeu des six chapeaux


Comment bien commencer une réunion ou une formation ?

Si vous conviez un groupe, a priori c’est que vous attendez deux choses : la participation de chacun et des idées/solutions nouvelles.

En réalité, cette double attente est la même facette d’un but unique : que chacun utilise son cerveau pour l’objectif commun. Vaste programme !

Ce but sera plus facilement et rapidement atteint si les préliminaires sont soignés. Lorsque le groupe se forme, il faudra veiller à :

  1. briser la glace entre les participants ;
  2. créer les conditions d’émergence de l’intelligence collective.

Après un tour rapide de ces deux points, je présente un outil simple, convivial et performant qui combine les deux et que j’utilise en formation à la vulgarisation scientifique : le jeu des six chapeaux.

Briser la glace

L’un des enjeux quand un groupe de personnes se forme est de “briser la glace”.

Que ce soit dans le cadre d’une formation où les gens ne se connaissent peu ou pas du tout, ou bien dans le cadre d’une réunion associative où la plupart se connaissent depuis des années, les débuts sont difficiles. Il faut que les cerveaux de chacun quittent leurs occupations et leurs tracas, voire se mettent en route si la réunion à lieu de bonne heure, et qu’ils se focalisent sur la tâche du jour.

Au-delà de l’aspect purement intellectuel, l’enjeu est aussi de faire en sorte que chacun échange et s’exprime une première fois, si possible avec chacune des autres personnes. Cela permet aux timides de s’intégrer et aux extravertis d’être régulés par une large participation du groupe.

Pragmatiquement, cela permet aussi au formateur de boire un café et d’essayer de cerner un peu les profils. Il existe plusieurs techniques pour briser la glace. Les plus sommaires sont les traditionnels tours de table.

Que le format soit “Nom, prénom, matricule”, ou “Présentez-vous en 2 minutes” ou bien “Présentez-vous en 2 minutes et êtes-vous plutôt slip ou caleçon ?”, l’enjeu est que chacun s’exprime une première fois et que le pacte de formation/réunion, grosso modo l’ambiance et les objectifs, soit noué, le plus explicitement et vite possible. Et vous savez bien que la première fois est toujours délicate.

Mine de rien, la physionomie des activités de groupe qui vont suivre, réunion ou formation, en sera changée et le groupe sera bien parti pour faire corps.

L’intelligence collective ?

Pour le dire vite, l’intelligence collective, c’est l’ensemble des facteurs qui font qu’à plusieurs, et en général, on est moins bête.

Cela s’applique aux fourmis comme à Wikipédia, et presque à mi-chemin, à ce qui nous intéresse aujourd’hui : l’animation d’une réunion ou d’une formation.

Les outils de l’intelligence collective dans ce type de rencontres sont nombreux : brainstorming (ou “remue-méninges” pour les Académiciens), _mind-mapping_ (cartes heuristiques), etc. et l’on ne peinera pas à trouver des ressources sur le web ou chez le libraire au rayon “Management”.

Briser la glace et synchroniser les cerveaux : le jeu des six chapeaux

La bonne idée, ce serait de combiner ces deux éléments : de faire en sorte que les membres du groupe non seulement se parlent (brise-glace) et construisent d’ores et déjà ensemble (intelligence collective).

Le jeu des six chapeaux permet cette combinaison gagnante et a le bon goût d’être aussi plutôt rigolo à la pratique. Dérivée de la maïeutique de Socrate et adaptée par Edward de Bono, la méthode des six chapeaux, ou 6 thinking hats, est décrite par Wikipédia comme une méthode de management du groupe. C’en est une. Mais puisque c’est aussi un jeu, je lui préférerai ce terme.

Notons que de Bono a déposé la méthode (…), sous le nom de Six thinking hats.

L’idée est simple. Le groupe (ou le formateur) posera une question ou une problématique plutôt ouverte du type :”Comment lancer cette action ?”, “Comment améliorer notre communication interne ?”, “Comment diffuser la connaissance ?”, etc.

Chacun des participants endosse un “chapeau” qui correspond à un trait de caractère. Et s’y cantonne. Qu’importe que le râleur de service soit désigné par le chapeau “optimiste”, l’un des six caractères, il restera optimiste.

Puisque le chapeau est un prétexte pour théâtraliser l’échange, ce dernier sera plutôt plus ouvert, la censure - et notamment l’auto-censure - diminuée.

Mieux, étant donné que ces six chapeaux recouvrent à peu près l’éventail des caractères humains, on aboutira à envisager la question que l’on cherche à résoudre selon tous les points de vue.

Au fil des échanges, on pourra prendre des notes détaillées ou se contenter de noter les nouvelles idées, ou bien construire une carte mentale. Voyons maintenant quels sont ces chapeaux.

Je les détaille un peu plus que dans la page Wikipédia, les redéfinit aussi à la marge selon mes propres expériences et enfin leur ajoute une petite chanson tirée du chapeau pour les mettre en musique.

Parfois cela frise la caricature mais i) à quoi bon tenir un blog si on peut pas caricaturer et, - surtout - ii) cela renforce le côté théâtral dont on vient de voir l’avantage en intelligence collective. Selon à qui l’on s’adresse on pourra moduler ces personnalités, les stéréotyper plus ou moins.

6 chapeaux, 6 psychologies, 6 chansons

Remarques et variantes pour conclure

Quelques points de départ

Vincent Bonhomme

Vincent Bonhomme

The opposite of play is not work, it's depression


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